Options et opinions

Mardi 12 juillet 2005 2 12 /07 /2005 00:00

Le renouveau "socialiste" impossible  dans le cadre juridique et politique actuel des Etats-Nations.

Sur le site du "Renouveau Socialiste"  , Jacques Généreux  considère que les propositions  de "Troisième voie"  qui ont été faites  sont  "une impasse qui ne propose guère mieux que de remplacer une fidélité présumée archaïque par une trahison présumée moderne. ".

Si je suis relativement  d'accord avec l'idée qu'une telle "troisième voie" est  en effet dans l'impasse, je ne crois pas non plus qu'une otpion "plus à gauche" soit  aujourd'hui possible dans le cadre  juridique et politique actuel des Etats-Nations et des formes de démocratie représentative qui leurs sont liées.

Ma thèse personnelle est que si tous ceux qui seraient d'accord pour une politique globale plus en accord avec les "valeurs de gauche" veulent trouver des conditions de réalisabilité plus favorables de leur projet politique et social, ils ne doivent plus chercher à "convaincre" une "majorité"  de citoyens dans le cadre des démocraties territoriales des Etats-Nations actuels  : Il me semble en effet suffisamment clair qu'une large partie de la population n'est pas réellement d'accord  avec une telle réorientation plus à "gauche" , soit en le disant clairement, soit même en  disant être d'accord avec des valeurs de gauche, mais  en montrant à la première occasion, par le comportement réel,  que cet accord ne se situe que dans l'idéologie de façade.  Or pour pouvoir faire à l'heure actuelle une "véritable politique de gauche" , il faudrait pouvoir s'appuyer sur une majorité très forte et réellement convaincue  dans ce sens ,  pour pouvoir faire un réel contrepoids aux forces de toutes sortes qui se composent en faveur de la poussée du "néolibéralisme  capitaliste" , et ceci SANS RETOMBER DANS LES TENTATIONS du rapport de force "totalitaire" où on prétendrait , comme naguère dans le bloc communiste,  faire le bonheur des gens malgré eux, c'est à dire en opposant des prétendues "libertés réelles" aux  "libertés formelles" des droits de l'homme.

Certains, comme le rappelle Jacques Généreux, ont  "abandonné" le combat, jugeant désormais que l' "adversaire" ( le capitalisme ) avait "gagné la guerre" ou croient encore possible de "sauver les meubles" du socialisme dans la "troisième voie" . D'autres , comme Jacques Généreux et  d'autres partisans du  "non de gauche" au dernier référendum , croient  qu'un "renouveau" d'un véritable  socialisme  est possible.

Or je ne suis d'accord , au niveau "stratégique" ,  ni avec les propositions de la "troisième voie" , ni avec celles  qui croient que dans le cadre économique, juridique et politique actuel il est possible de refaire , au niveau européen éventuellement, une politique nettement plus à gauche que les tentatives de "troisième voie" .

Est-ce à dire que j'abandonne toute possibilité d'une politique plus proche des valeurs de "justice sociale"  que celles qui se fondent sur l'acceptation de la compétition généralisée ?
NON,  mais je pense qu'il faut SORTIR beaucoup plus radicalement du cadre juridico-politique actuel où la vie politique , les majorités et les minorités politiques se jouent à l'intérieur d'entités politiques  "territoriales" , et notamment  celui des Etats-Nations.

Il s'agit de refonder , non pas une "gauche" , ou une "pensée socialiste" , à l'intérieur d'un dispositif  juridique et politique territorial hérité du passé , où il faut arriver à constituer des "majorités de gouvernement" avec certains hommes plutôt qu'avec d'autres sous le seul prétexte qu'ils vivent  à l'intérieur de certaines "frontières" définies historiquement et géographiquement  par les évènements et les rapports de force du passé.

Allons droit au but :  Pourquoi ne pas construire , à l'intérieur d'un cadre constitutionnel global comme celui de l' Europe si on veut , ou même au niveau mondial directement,  un ou plusieurs "Etats Virtuels", définis sur la base d'une législation  , sur la libre adhésion à des valeurs communes et  donc à un projet politique en gros commun , et non plus sur le fait de vivre sur un même "territoire" ? Suffisamment en tout cas pour ne plus avoir cette paralysie générale  du projet politique des "démocraties" actuelle ( parce qu'on doit se mettre d'accord avec "tout le monde" ).  Imaginons  par exemple qu'au lieu de devoir chercher dans chaque pays actuel des "majorités" de gouvernement pour faire une politique plus "sociale" dans ce pays, à l'inverse, tous ceux qui souhaitent librement une telle politique - et sont donc prêts à en payer le prix entre eux - , quel que soit leur pays d'origine ,  mettent ensemble une partie de leurs ressources ( du type "impôt" ) , pour mener au niveau de la "cité virtuelle" une telle politique plus sociale , tout simplement parce qu'ils auront librement choisi d'être "citoyen" d'une telle "cité virtuelle" plus "sociale" : il y aurait à la fois moins d'incohérences dans la continuité du projet politique d'une telle "cité virtuelle"  et aussi moins de gaspillage d'efforts et de moyens publicitaires de toutes sortes pour essayer de "convaincre" des adversaires pour pouvoir réaliser le projet politique que l'on souhaite .

On peut très bien imaginer un dispositif dans lequel on puisse passer progressivement du découpage actuel sur une base territoriale , à une distinction entre des "citoyennetés" basées davantage sur des législations non territoriales liées au fait que les "citoyens" choisissent librement leur affiliation de "citoyenneté" , comme on peut aujourd'hui choisir librement , en démocratie, son "parti", son "syndicat", ses associations, etc.
Cela existe d'ailleurs déjà partiellement , soit sous forme de "double-nationalité" , soit sous formes de droits partiels d'un "étranger" dans un pays résident, etc. De multiples formes possibles de reconstitution de liens sociaux privilégiés sont ici envisageables et qui permettent davantage à des individus qui ont plus d'affinité "idéologique"  et de projet politique de se retrouver effectivement  dans un cadre de réalisation "continue" de leur projet commun , plutôt que d'être obligé de subir des "alternances" qui soit défont à grands frais ce que les autres ont fait à grands frais, soit sont bloqués d'avance dans leur politique parce que la moindre insistance sur une politique dans un sens est contrée de mille façons par une "opposition" en sens inverse .


Pourquoi n'y a t-on pas songé sérieusement jusqu'à présent , alors que les forces économiques et financières  sont déjà depuis un certain temps "mondialisées" et en tout cas ne sont pas soumises de la même façon aux contraintes des frontières nationales ?

Sans doute parce que juqu'à présent  la proximité géographique et les "intérêts" économiques, sociaux, etc. de toutes sortes liés à ce voisinage spatial  déterminaient fortement  les raisons que les hommes pouvaient avoir de chercher à constituer prioritairement un lien social et politique plus étroit avec leurs "voisins" gégraphiques ( quelles soient par ailleurs les autres "distances" qui les séparaient  ) . Or les transformations techniques qui  ont totalement modifié les supports de transport et de communication entre les hommes créent des conditions totalement nouvelles de ce qu'on peut appeler le "voisinage" : le fameux "plombier polonais" , peut être physiquement, techniquement  présent demain matin , quasiment aussi bien que le plombier de la ville voisine.

Or toute l'organisation politique territoriale qui fait la charpente de nos "circonscritions électorales" , y compris à l'échelle européenne, le découpage entre les anciens états-nations,  est encore basée sur quasiment les mêmes dispositifs de "frontières" que ceux qui existaient à l'époque de la civilisation "agraire"  .

Sans doute parce qu'encore aujourd'hui on n'imagine pas qu'on puisse se passer - ou qu'une majorité de gens puissent se passer - d'un enracinement  territorial de type "national" , comme on n'imaginait pas autrefois qu'une majorité de la population puisse se passer d'une "identité religieuse".
C'est pourtant ce qui se passe aujourd'hui ., même si on constate toujours encore ici et là des "crispations" identitaires voire des guerres autour des appartenances religieuses.

Il serait donc grand temps aujourd'hui, au moins à titre d'hypothèse, de considérer que nous pouvons penser aujourd'hui les regroupements de "citoyens" autour d'un "destin" ou d'un "projet" politique commun sur d'autres bases que celles des "Etats-Nations" territoriaux.

En particulier s'il s'agit d'un PROJET POLITIQUE lié fondamentalement aux valeurs humanistes universalistes , comme celui dont se réclament les politiques dites "socialistes" .
C'est donc en ce sens que je vais reprendre les  analyses de Jacques Généreux, concernant  les "prémisses d'un renouveau socialiste" , mais en considérant qu'il faut désormais penser un autre cadre institutionnel  politique de "mise en oeuvre" de ces idées  : un cadre politique dans lequel peuvent se fédérer librement TOUS CEUX qui sont  pour l'essentiel  LIBREMENT en accord avec ces idées, en CONSTITUANT ainsi progressivement ,  une nouvelle "cité" , donc un nouvel espace "politique", affranchi  pour l'essentiel des contraintes historico-géographiques  des anciens "Etats-Nations" . Mais bien évidemment  , un tel nouveau type de "cité" ne peut se faire qu'avec ceux qui ,LIBREMENT, pensent en effet que  la "parenté" nationale ne prime plus, politiquement , sur la "parenté des idées".

Cela ne se fera pas en un jour ... mais certaines crises potentielles des systèmes de regroupement basés sur des unités territoriales peuvent éventuellement accélérer l'histoire.

Il ne s'agit d'ailleurs pas de chercher à priver ceux qui tiennent avant tout à s'"identifier" dans un cadre de citoyenneté territoriale traditionnelle de pouvoir continuer à le faire. Il s'agit simplement de commencer à proposer des formes de regroupement juridiques et politiques sur une autre base.

Qu'est-ce qui "Nous"  interdit ,  "Nous" , citoyens potentiels d'une telle cité, de commencer à nous "reconnaître" et  à nous "compter" ?


 

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Mardi 12 juillet 2005 2 12 /07 /2005 00:00
Suite de '"Renouveau socialiste ?"
( Réference  : Article de Jacques Généreux  )
Commentaire concernant  le "contresens sur la modernité"

Citation :

"1°) Évitons le contresens sur la modernité


Pour commencer, d’un point de vue méthodologique, être socialiste, c’est croire que le monde n’est pas ce qu’il est mais ce que l’on en fait, que les lois de l’économie restent les lois des hommes — façonnées par des institutions, des conventions sociales et des choix politiques —, c'est croire, enfin, que les croyances et les comportements sont influencés par l’environnement social dans lequel grandissent et vivent les individus. Les trois soi-disant "constats" qui induisent chez certains une logique d’adaptation du socialisme, ne sont donc pas des données exogènes, mais les résultats datés et mouvants d’une interaction sociale complexe dans laquelle l’action humaine délibérée joue un rôle essentiel.
Puisqu’elle le peut donc, la politique doit adapter le monde à son projet et non l’inverse, façonner patiemment ses contraintes et des marges de manœuvre et non les subir. Cette attitude est la seule qui soit "moderne" au sens que la philosophie politique donne à ce terme, à savoir : l’esprit de liberté initié par les "Lumières", mouvement d’émancipation de l’humanité à l’égard de toutes les lois qu’elle ne se donne pas elle-même. "

1. Une nuance pour commencer : " croire que le monde n'est pas ce qu'il est, mais ce que l'on en fait " :

De quel "monde" est-il question ? Seulement du monde humain en tant que produit de la pensée et de l'action humaine ? Ou du "monde" aussi comme "pruduction de la nature" avant  et indépendamment de l'action humaine ?
Que toute "science" comme discours soit une production humaine , sans doute, mais il n'en résulte pas que le "réel" comme tel n'ait pas de consistance "propre", consistance  que précisément le discours scientifique est chargé de  "représenter" d'une façon ou d'une autre à l'intérieur de ses dispositifs culturels sans doute, mais qui ne permettent  pas de réduire tout le" réel" à la simple connaissance explicite que nous avons construite à propos de ce réel.
Je ne pense d'ailleurs pas que Jacques Généreux veuille ici défendre une thèse de relativisme culturaliste généralisée ( thèse qui est d'ailleurs intrinsèquement contradictoire , puisque si elle se veut radicale , elle devrait s'auto-relativiser elle-même ... ), mais simplement insister sur le fait que notamment l' "économie politique" , comme discipline , est une construction culturelle., et que d'autre part, l'objet même qui est étudié , les systèmes de production , de consommation et d'échange , est étroitement dépendant, dans la complexité de ses processus , de l'organisation de l'action humaine. La nuance que j'introduirais cependant, c'est que précisément , du point de vue de l'"objet d'étude" ,  les processus "économiques" sont  à cheval sur des déterminismes "naturels" ( entendons par là les lois de la physique - conservation de l'énergie par exemple - , et les régularités que présente au moins statistiquement le monde vivant  et dont la biologie peut aussi nous donner un certain nombre de modèles explicatifs  ) , et des processus plus proprement liés à l'organisation des sociétés humaines.
Il ne faut donc pas à mon sens ,  faire comme si cet enracinement de l' économie humaine dans l'"écologie" globale de la biosphère et de la géophysique terrestre n'existait pas. Les processus économiques  sont donc une des zones charnières capitales entre ce qu'il est convenu d'appeler le rapport "nature/culture".
D'autre part , dans le domaine propre de ce qui dépend de l' activité humaine plutôt que du seul développement  de processus "naturels" non humains, tout ce qui est "humain" , n'est pas pour autant sous "contrôle délibéré" d'une volonté humaine quelconque , individuelle ou collective. La sociologie et d'autres sciences humaines  nous proposent  aussi des modèles explicatifs dans lesquels la part  d'intervention intentionnelle consciente des acteurs humains n'est pas forcément prépondérante.

Je ne crois pas pour ma part , que nous ayons quoi que ce soit à gagner, si nous adhérons à une philosophie proche de celle des "Lumières" , à faire semblant de croire que "tout" n'est qu'une question de volonté humaine .

La proposition sur laquelle je tomberais assez d'accord, c'est plutôt de dire qu'on ne sait pas a priori jusqu'où POURRAIT dans l'avenir , s'étendre la prise de l'action délibérée des hommes, qu'aucune connaissance actuelle ne peut a priori dessiner de façon définitive les limites d'une "réalité naturelle" qui échapperait comme telle de façon absolue à une action libre délibérée future.

La formulation "Etre socialiste , c'est croire que le monde n'est pas ce qu'il est  mais ce que l'on en fait" , me semble donc déjà à nuancer :
- s'agit-il de "croire" quelque chose ? ( le "socialisme" est-il une forme de "religion" ? )   ou s'agit-il plutôt de choisir , de décider de quelque chose , de vouloir quelque chose ?

- ne vaudrait-il pas mieux dire : "le monde est ce qu'il est - dans le passé et aujourd'hui - , mais de cela il ne résulte en aucune façon , ni qu'il ne changera pas , ni surtout qu'une volonté délibérée ne puisse pas y changer des  aspects très importants , dont en effet certaines modalités du fonctionnement économique"  ?

Je suis donc bien d'accord avec le postulat que le" monde" est modifiable , mais cela ne m'empêche nullement de considérer qu'il y a une "consistance" et donc une "résistance" notamment "inertielle" propre aux "réalités" .  Système de principes de "conservations" et de "symétries" qu'il est important de bien "connaître"  -  ( dans le savoir collectif  en termes "scientifiques" notamment ) pour pouvoir agir ( techniquement ) de façon plus efficace : le "progrès des sciences et des techniques" est donc une condition nécessaire , même si elle n'est pas suffisante, à un projet politique de type "socialiste".

2. L' esprit de liberté initié par les Lumières.

Citation :
"
Puisqu’elle le peut donc, la politique doit adapter le monde à son projet et non l’inverse, façonner patiemment ses contraintes et des marges de manœuvre et non les subir. Cette attitude est la seule qui soit "moderne" au sens que la philosophie politique donne à ce terme, à savoir : l’esprit de liberté initié par les "Lumières", mouvement d’émancipation de l’humanité à l’égard de toutes les lois qu’elle ne se donne pas elle-même."

Je pourrais facilement souscrire et me sentir tout à fait dans la lignée de cette façon de concevoir la modernité comme "émancipation" de l'esprit de liberté à l'égard de toutes les lois que cet  esprit ne se donne pas lui-même.

Mais je dis bien ici : l'émancipation de "l'esprit de liberté" , car précisément au nom de cet "esprit de liberté" que je trouve d'abord en moi-même,  si je pose en même temps que ma propre liberté le droit égal de tout autre "esprit libre" ( qui se choisit comme tel )  d'accéder à la même "émancipation" , je ne vois en revanche pas du tout pourquoi tous les "hommes" , l '"humanité" , seraient OBLIGES de suivre cette même voie de l' "émancipation généralisée à l'égard de toutes les lois que les hommes ne se donnent pas eux mêmes" .

C'est ici que je propose de REPENSER clairement le fondement  d'un "renouveau" éventuel de l' "Esprit des Lumières"  :
Une certaine conception à l'époque , d'ailleurs en fait héritière d'une forme laïcisée de christianisme, prétendait pouvoir parler au nom de toute l'"humanité" , en fonction d'une "nature humaine" et de "droits naturels" associés à une telle "nature humaine" , conception qui faisait d'ailleurs que ces premières "Déclarations des Droits de l'Homme" se faisaient encore "sous les auspices de l' Être Suprême" .  En conséquence,  ces droits et donc la vision politique résultante étaient liés à une "nature humaine " jugée universelle ET comme telle hors de portée de l'homme lui-même ( la "nature humaine" en question , y compris la forme propre de la liberté humaine  dépendait donc d'un "ailleurs" sur lequel la liberté elle-même n'avait pas de prise , puisqu'elle lui devait la "garantie"  et la justification de son fondement ) .

Si certains PEUVENT aujourd'hui encore avoir une telle "croyance" humaniste comme "nature humaine" spécifique universelle préscrivant cependant à tous des "droits et des devoirs universels" , comme certains PEUVENT encore avoir une croyance religieuse ou philosophique  particulière, je propose que pour "refonder"  un nouveau "projet philosophique et politique" reprenant  d'une certaine façon celui des "Lumières" ,  ceux qui veulent librement reprendre untel projet le fasse désormais explicitement reposer , non plus sur une "nature humaine préalable" , mais sur leur pure , simple et libre COMMUNE DECISION.

L' émancipation de l' "esprit de liberté" est donc aujourd'hui de dire que cet "esprit de liberté"  repose entièrement et radicalement sur LUI-MËME , c'est - à - dire sur tous les "êtres pensants"  ( humains ou non , la question de l'espèce ou du genre "homo" n'a rien à faire dans la légitimation de cette décision ) qui , étant  capables de se penser ( de se représenter à eux-mêmes ) comme sujets libres  possibles , prennent individuellement et ensuite collectivement  la DECISION d'assumer une telle radicale LIBERTE.

L' "esprit de liberté" n'est donc "octroyé" par rien ni personne de l'extérieur .
Une fois donnée ( par un processus "naturel" en effet , "décidé" par rien ni personne , mais auto-organisé par l'évolution du monde vivant )  , la possibilité bio-psycho-culturelle d'un organisme vivant de se "représenter" lui-même comme le "sujet" d'une liberté supérieure et potentiellement ( imaginairement au minimum ) sans limites assignables , un tel sujet  -  que nous sommes vous et moi -  , peut alors aussi , mais cela relève précisément de sa "propre" libre décision ,  se vouloir désormais comme "réalisant" effectivement de plus en plus un tel projet de liberté absolue  qui jusque là était en grande partie une "représentation idéale imaginaire".

Par définition même d'une telle liberté posée , il ne saurait y avoir une façon quelconque "hétéronome" , de prétendre obliger un autre sujet à choisir une telle liberté . Lui seul , comme sujet INDIVIDUEL, peut prendre une telle décision, en toute "autonomie" . Rien ne nous permet donc, à "nous" qui prenons une telle décision, de présupposer que "nécessairement" , "tous les hommes" "doivent" la prendre, même s'il est dans notre propre liberté de poser que tous les hommes ( et au-delà tout "esprit libre conscient"  dans l'univers ) doivent POUVOIR, s'ils en décident ainsi , participer à une telle communauté universalisable de tous les "esprits libres et donc égaux dans cette liberté".

Chacun peut donc décider pour lui-même d' être ou non "membre" ou "citoyen" d'une  telle communauté  morale , et choisir aussi sa propre voie de participation au passage progressif d'une telle communauté "morale" à une "institution politique" nouvelle incarnant davantage dans le "réel social" une telle communauté morale., ainsi qu'à l'explicitation publique de la signification personnelle qu'il donne à une telle communauté.









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Samedi 30 juillet 2005 6 30 /07 /2005 00:00

La 'Copyleft_Attitude" peut-elle être généralisée progressivement en nouvelle forme de "citoyenneté" dans des "cités virtuelles souveraines" ( en particulier des "CityLeft " ? )

Ce qui se préfigure ici, c'est peut-être une attitude politique beaucoup plus globale, concernant pas seulement le problème de l'art ou de l' "exception culturelle" , mais bien une nouvelle forme de "lien social" , donc de "citoyenneté" possible dans bien d'autres secteurs de la vie sociale .
De même que le "Copyleft" , pour bénéficier des règles du droit commun , tout en se préservant des excès du "droit du plus fort" ( notamment financièrement ) de l'"ultralibéralisme" , doit préalablement s'inscrire dans le cadre global du "copyright" ( que les "prédateurs légalistes" acceptent comme "règle du jeu" minimale ) , il faudra sans doute que, pour penser une politique alternative à l'ultralibéralisme qui ne soit cependant pas un déni de la liberté, on finisse par constituer une " CityLeft? " à l'intérieur du cadre juridique général mondialisé ( de type "libéralisme économique mondialisé" ). Que ceux qui souhaitent réellement une autre politique plus "à gauche" , se mettent d'accord ENTRE EUX sur un cadre juridique commun qui leur soit propre.
L'occasion en est peut-être fournie par la zone d'instabilité juridique ouverte entre les différents niveaux de juridiction : internationale, européenne ( pour les pays européens ) , nationale, voire régionale ou municipale. En particulier par un renforcement progressif du droit international , sur lequel pourraient s'appuyer directement des "communautés virtuelles souveraines" créant par ailleurs leur propre juridiction interne.

Bref pourquoi ne pas profiter des contradictions entre les législations nationales, toutes pourtant supposées accordables avec les principes supranationaux et internationaux des textes juridiques internationaux , en particulier des Pactes liés aux Droits de l'Homme, pour proposer A CEUX QUI LE SOUHAITENT, la libre constitution de juridictions plus conformes à leur propre façon de penser et de vivre ? Pourquoi chercher obligatoirement à continuer à vouloir se mettre d'accord ( et en fait à bloquer toute évolution possible ) dans un même cadre "national" avec ceux qui ne pensent absolument pas comme vous et chercher à les "convaincre" ou encore à les "soumettre" à une politique que vous voulez sous prétexte qu'à un moment vous constituez une "majorité de gouvernement" et que vos opposants chercheront à défaire dès qu'ils auront eux-mêmes retrouvé une "majorité" ?

Dans le cadre de la "Copyleft_attitude" se prépare peut-être ainsi le laboratoire juridique des futures communautés politiques virtuelles globales, librement choisies par leurs membres-individus-citoyens.

En effet, alors que le mouvement "altermondialiste" semble pour l'essentiel toujours encore lié à l'idée d'un "changement de politique" de façon globale , en cherchant à transformer les politiques menées aux différents échelons politiques ACTUELS, donc en finissant par entrer dans des combinaisons de pouvoirs politiques de la "politique politicienne" ( dans la "pêche aux voix" ) ou en menaçant à l'inverse de retomber dans les errements d'un totalitarisme ou d'une quelconque "dictature du prolétariat" - fusse d'une nouvelle "classe révolutionnaire" , ce qui s'ouvre peut être ici, c'est un changement dans l'idée même de "politique" et de "démocratie" , au niveau de ce qu'on appelle le "peuple" ( démos ) comme entité "souveraine" . C'est à dire qu'il peut demain devenir possible que des individus , sujets de droit libres et égaux sur la seule base des textes INTERNATIONAUX comme les textes sur les Droits de l'Homme, CHOISISSENT par ailleurs , réellement, et non par la simple fiction du "contrat social" qui paraît-il lie les citoyens des "démocraties" actuelles , le cadre législatif  "particulier" auquel ils veulent collectivement se "soumettre", parce qu'ils sont fondamentalement et réellement d'accord sur les principes , les valeurs et un projet cadre collectif correspondant, proposant une certaine "communauté de destin". Il n'y a aucune raison de penser que les entités qui se sont historiquement constituées assez récemment comme "états-nations" doivent rester éternellement le cadre fondamental et exclusif de l'exercice d'une "SOUVERAINETE" collective .

Lien : sur APRIL, la question posée de la généralisation du concept de "libre" à la législation en général : "OpenLaw"

 


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Samedi 22 octobre 2005 6 22 /10 /2005 00:00
L'Union des "Républicains Radicaux"  ( U2R ) , héritiers de la vieille tradition radicale française , cherchent à reaffirmer  leurs valeurs  sur différents sites sur la toile.

Sur le site  France Républicaine ,
différentes tendances de la mouvance "républicaine" sont représentées.
Un nouveau blog : http://u2r.typepad.com/weblog/  permet  de se faire une idée des thèses  défendues par les "Radicaux Républicains".

Si  je peux bien partager un certains nombre de valeurs liées notamment à une affirmation  forte des valeurs des libertés individuelles  universalisables ( Liberté Egalité Fraternité ) ,  la crispation traditionnelle sur le cadre de l'Etat-Nation considéré comme cadre indépassable  de l'exercice de la citoyenneté , me semble de plus en plus comme obsolète. 

Il me semble en effet qu'il y a une contradiction essentielle à se référer à un cadre de valeurs "universalisables"  , donc potentiellement indépendant de toute territorialité particulière , et de continuer à penser  le cadre des frontières de l' Etat-Nation comme le référent fondamental de la "souveraineté".

 N'importe quel échelon  territorial ou d'autres modes d'association coopérative à l'échelle internationale pourraient suivant le cas être  plus adéquats à la diffusion ou à la défense des valeurs en question que le cadre politique étriqué de l'Etat-Nation qui montre de plus en plus son impuissance et/ou sa paralysie quand il s'agit de construire une véritable politique ou un projet à long terme., parce que ses composantes politiques se bloquent réciproquement  et, à cause des enjeux électoralistes,  ne peuvent que gérer cette impuissance , simplement en  pilotant à vue en fonction des  fluctuations de l'opinion publique.

Il devient  nécessaire aujourd'hui pour tous ceux qui dans le monde sont susceptibles de se reconnaître dans de telles valeurs , à la fois de liberté individuelle ( libre choix de la forme d'association et de coopération ) et d'une  solidarité  "économique et sociale"  volontaire nettement  renforcée, de penser à constituer progressivement  en dehors des frontières politico-territoriales actuelles , de nouveaux  espaces  d'exercice pour leur projet politique commun.

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Mardi 11 mars 2008 2 11 /03 /2008 19:36

Le développement progressif des "technologies de l'information et de la communication" ( TIC ) et bien sur notamment de l'interconnexion en réseau généralisée d' Internet au niveau mondial transforme les conditions de fonctionnement des sociétés humaines, et cette transformation est très loin d'être stabilisée. 

Une hypothèse de base , qui n'est cependant pas nécessairement partagée , ( elle conserve donc pour le moment encore largement un statut de simple hypothèse ) , est que ce développement des TIC remet déjà en cause, et le fera de plus en plus, la primauté des contraintes d'échange et de communication physique des hommes et des productions matérielles humaines définissant les "proximités" des "intérêts communs" qui tissent le "vivre ensemble" des sous-groupes humains à différentes échelles de regroupement.

De nombreuses formes de "Communautés virtuelles" dont l'essentiel du mode d'interaction et de régulation se fait à travers des supports  "TIC" , sont en train de se former, de se recomposer, etc. autour de toutes sortes de thèmes ou d'intérêts partiels communs, mais facilement étendus au niveau mondial .
Cette nouvelle forme de "Société Civile" pourra-t-elle longtemps se développer sans que le "cadre" juridico-politique de son développement ne soit sérieusement ébranlé ? Je ne le pense pas. 

La thèse de cet article est que la "cybercitoyenneté" devrait progressivement conduire beaucoup d'entre nous à CHOISIR comme référence de communauté politique et juridique "SOUVERAINE", non plus une "nationalité" , adhésion à un collectif d' Etat Nation territorialisé , mais plus fondamentalement à de nouvelles formes de COMMUNAUTE JURIDIQUE VIRTUELLES , véritablement législatives pour elles-mêmes et donc progressivement dotées d'une forme de SOUVERAINETE autonome, à tisser avec les formes multiples et anciennes de "souveraineté politique territoriale" .

En particulier l'histoire des "temps modernes" a progressivement conduit à installer, puis à généraliser au niveau mondial, un modèle d'entité politique sous forme d' "Etat" territorialisé , beaucoup de conflits entre ces Etats en constitution étant d'ailleurs liés à des questions de territoires et de frontières géographiques à définir entre les différentes zones de juridiction de la "souveraineté" de ces Etats .

Cette dynamique juridico-politique de la constitution territoriale des Etats modernes n'a pas été sans être en permanence concurrencée mais aussi souvent soutenue par d'autres forces sociales de cohésion ou de dissociation liées par exemple à des communautés éthniques , des communautés religieuses, etc.
On peut même dire que l' "Etat de droit" moderne , en particulier par exemple sous la forme de constitution "républicaine laïque" à la française, a contribué progressivement et non sans de nombreuses crises et échecs, à obliger des populations différentes et notamment des communautés religieuses , à coexister sur un "même territoire" en soumettant leur ordre juridique propre à une loi "politique" .
Cela n' est pas allé de soi, comme l'atteste l' adage " Cujus regio , ejus religio" ( Tel prince, telle religion ) , où il semblait aller de soi qu'on ne pouvait pas sur un "même territoire" avoir plusieurs religions : chaque religion étant supposé avoir "son territoire" lié à une juridiction unique de ce territoire.

Remarque : les "Empires" de l' Antiquité , comme les "Empires" plus récents ont tous dû expérimenter différentes façons de rendre compatibles les systèmes juridiques "locaux" avec le pouvoir et la juridiction "impériale".

L'évolution des formes de la socialisation juridico-politique n'est évidemment pas terminée , et les entités prétenduement "souveraines" des Etats territoriaux sont donc à réinterroger , en particulier quant à la pertinence de la liaison qu'une large majorité de personnes croient aujourd'hui encore nécessaire et "naturelle" entre cadre juridico-politique commun ( les fameux 3 pouvoirs : législatif, exécutif, judiciaire ) et territoire commun, comme si les logiques de proximité des territoires géographiques devaient nécessairement et éternellement constituer l'ossature essentielle d'une "constitution" politique.

Remarque : les "empires coloniaux" ont depuis longtemps déjà contre-carré cette logique seulement liée à une proximité territoriale , en allant constituer précisément des "colonies" à distance très "lointaine" , géographiquement dissociée, mais que d'autres liaisons "économiques" pouvaient tout à fait "rationnellement" justifier. De même des communautés religieuses montrent encore aujourd'hui leur capacités "transnationales" , de même que les entreprises "multinationales" de la "globalisation économique" . Certaines communautés culturelles traditionnelles ont aujourd'hui aussi quelque fois plus de membres dans la "diaspora" que dans le territoire d'origine.

La phase de "décolonisation" n' a pas permis , au contraire , de se libérer de l' emprise "territoriale" .
La considération internationale du "Droit des peuples" , plutôt qu'une rigoureuse application des droits de l' homme comme droits des personnes , a aussi contribué à ne pas permettre un passage plus rapide à des formes juridiques transnationales .
Et dans beaucoup d'endroits , la liberté potentielle des "citoyens" est encore en train de souffrir du "trop peu d'Etat de droit" . On constate aussi, qu'après la chute des régimes du "communisme réel" , de nombreux "peuples" essayent de se recentrer sur leur "pré carré" ... Ce n'est pas seulement dans certaines mentalités que le XIXème siècle semble de retour en plein XXIème ...

Il faudra donc peut-être encore attendre une plus forte densification des échanges informationnels à l' échelle planétaire, et un déséquilibre de plus en plus accentué entre la fluidité du capitalisme financier international et le manque de souplesse des institutions juridico-politiques territoriales ( notamment nationales ) pour y faire contre-poids , pour que les reconfigurations des réseaux d' affinités juridico-politiques se mettent à émerger à l' échelon mondial de façon transversale aux actuels découpages des frontières territoriales.

Bien sûr , il ne faut pas sous-estimer la part de la problématique politique qui restera toujours liée à la gestion commune de la "territorialité" comme telle ( " aménagement du territoire " ) et ceci à différentes échelles . Mais rien n' oblige les autres secteurs de la régulation politique et juridique de s'aligner sur la problématique "territoriale" lorsque le "territoire" et ses ressources n'est plus le noeud essentiel des conflits de pouvoir et des décisions collectives à prendre. 

Si c'est l '"information" qui devient le "bien" économique central , même si elle a besoin d'infrastructures matérielles et énergétiques liées à la maîtrise de zones territoriales précises, l' échelle temporelle et la densité des flux informationnels à l' échelle mondiale peut tout à fait devenir à un moment donné prépondérante en matière de constitution des "liens sociaux" .

Remarquons d'ailleurs qu' au sujet des "fractures économiques et sociales" , si pendant longtemps on a pu et on peut encore distinguer des zones géographiques de plus ou moins grand développement, la transformation des "pays émergents" , et sans doute même de la zone africaine à terme , de même que les migrations de toutes sortes , font que de plus en plus ces fractures de développement vont se situer sur ces différents territoires, dans une même configuration urbaine , entre des "quartiers" pauvres et "sous-développés" et des quartiers riches qui s'enferment dans un dispositif sécuritaire.
Et pourtant ces deux "mondes" sont supposés être régis par la même loi ( une et indivisible ) de l' Etat .

La fracture pays riches / pays pauvres est peut-être déjà en voie de diminution en "faveur" d'une fracture transversale grandissante entre les classes sociales privilégiées et défavorisées du même pays , pourtant dans un voisinage "territorial" étroit ( proximité en termes de distance physique ) .
La question de la légitimité de la "souveraineté" territoriale sera donc notamment posée à partir de l' impuissance éventuelle à réguler cette "fracture socio-économique" à partir d'un seul et même dispositif juridique, basé sur l'idée traditionnelle que le "vivre ensemble" est d'abord un vivre ensemble de "proximité physique" .

Bien évidemment j'entends aussi ici la remarque de tous les cyniques qui diront que , ON SAIT BIEN qu'il n'y a pas "Une Loi, identique pour tous " , mais que la Justice est "à deux" ou plusieurs "vitesses" , comme de multiples autres services supposés "publics" , et que la "Loi" unique de l' Etat n'est qu'une façade , comme autrefois la "religion unique" .
Mais , alors pourquoi , comme "cyniques" , voudraient-ils maintenir une telle fiction ? Parce que, étant du "bon côté" de la fracture , ils veulent garder les autres dans l'illusion ( comme naguère le bourgeois mécréant - y compris Voltaire, à certains égards - trouvait que la religion restait bonne pour maintenir le petit peuple dans l'obéïssance ... ) ?

Si donc, comme ailleurs, un certain nombre de privilégiés peuvent de fait se soustraire aux exigences de la supposée "loi commune" définie sur un même territoire ( Comme les "paradis fiscaux" en attestent régulièrement ... ) , pourquoi ceux qui voudraient en constituer une autre librement, entre eux , n'en auraient-ils pas le droit ?

Quel type de COMMUNAUTE JURIDICO-POLITIQUE VIRTUELLE ? Pour quoi faire ?

Il ne s'agit pas de "changer" pour "changer" : C'est bien parce que j'ai en tête un type de projet politique de mise en oeuvre plus réelle et à long terme des valeurs de "liberté égalité fraternité" , mais dont je pense qu'une politique "nationale" qui doit en permanence raisonner en termes de "majorités politiques à réunir et à satisfaire"  ne peut plus être le cadre juridique adéquat , que je me tourne de plus en plus vers une telle idée de COMMUNAUTE constituante et législative virtuelle , qui serait basée sur une LIBRE mais réelle adhésion aux valeurs ainsi "proclamées" , en définissant entre ses membres "citoyens à distance" , le nouveau cadre politique et juridique  dont nous aurions besoin.

Sans doute des idées similaires germent-elles ici et là ? Dans un avenir plus ou moins proche , la "connectivité" en deviendra suffisamment forte, pour émerger de la "soupe prébiotique" qui la nourrit déjà sur la Toile .

ArmandStroh / Arachne

Par Arachne - Publié dans : Options et opinions
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