Le renouveau "socialiste" impossible dans le cadre juridique et politique actuel des Etats-Nations.
Sur le site du "Renouveau Socialiste" , Jacques Généreux considère que les propositions de "Troisième voie" qui ont été faites sont "une impasse qui ne propose guère mieux que de remplacer une fidélité présumée archaïque par une trahison présumée moderne. ".
Si je suis relativement d'accord avec l'idée qu'une telle "troisième voie" est en effet dans l'impasse, je ne crois pas non plus qu'une otpion "plus à gauche" soit aujourd'hui possible dans le cadre juridique et politique actuel des Etats-Nations et des formes de démocratie représentative qui leurs sont liées.
Ma thèse personnelle est que si tous ceux qui seraient d'accord pour une politique globale plus en accord avec les "valeurs de gauche" veulent trouver des conditions de réalisabilité plus favorables de leur projet politique et social, ils ne doivent plus chercher à "convaincre" une "majorité" de citoyens dans le cadre des démocraties territoriales des Etats-Nations actuels : Il me semble en effet suffisamment clair qu'une large partie de la population n'est pas réellement d'accord avec une telle réorientation plus à "gauche" , soit en le disant clairement, soit même en disant être d'accord avec des valeurs de gauche, mais en montrant à la première occasion, par le comportement réel, que cet accord ne se situe que dans l'idéologie de façade. Or pour pouvoir faire à l'heure actuelle une "véritable politique de gauche" , il faudrait pouvoir s'appuyer sur une majorité très forte et réellement convaincue dans ce sens , pour pouvoir faire un réel contrepoids aux forces de toutes sortes qui se composent en faveur de la poussée du "néolibéralisme capitaliste" , et ceci SANS RETOMBER DANS LES TENTATIONS du rapport de force "totalitaire" où on prétendrait , comme naguère dans le bloc communiste, faire le bonheur des gens malgré eux, c'est à dire en opposant des prétendues "libertés réelles" aux "libertés formelles" des droits de l'homme.
Certains, comme le rappelle Jacques Généreux, ont "abandonné" le combat, jugeant désormais que l' "adversaire" ( le capitalisme ) avait "gagné la guerre" ou croient encore possible de "sauver les meubles" du socialisme dans la "troisième voie" . D'autres , comme Jacques Généreux et d'autres partisans du "non de gauche" au dernier référendum , croient qu'un "renouveau" d'un véritable socialisme est possible.
Or je ne suis d'accord , au niveau "stratégique" , ni avec les propositions de la "troisième voie" , ni avec celles qui croient que dans le cadre économique, juridique et politique actuel il est possible de refaire , au niveau européen éventuellement, une politique nettement plus à gauche que les tentatives de "troisième voie" .
Est-ce à dire que j'abandonne toute possibilité d'une politique plus proche des valeurs de "justice sociale" que celles qui se fondent sur l'acceptation de la compétition généralisée ?
NON, mais je pense qu'il faut SORTIR beaucoup plus radicalement du cadre juridico-politique actuel où la vie politique , les majorités et les minorités politiques se jouent à l'intérieur d'entités politiques "territoriales" , et notamment celui des Etats-Nations.
Il s'agit de refonder , non pas une "gauche" , ou une "pensée socialiste" , à l'intérieur d'un dispositif juridique et politique territorial hérité du passé , où il faut arriver à constituer des "majorités de gouvernement" avec certains hommes plutôt qu'avec d'autres sous le seul prétexte qu'ils vivent à l'intérieur de certaines "frontières" définies historiquement et géographiquement par les évènements et les rapports de force du passé.
Allons droit au but : Pourquoi ne pas construire , à l'intérieur d'un cadre constitutionnel global comme celui de l' Europe si on veut , ou même au niveau mondial directement, un ou plusieurs "Etats Virtuels", définis sur la base d'une législation , sur la libre adhésion à des valeurs communes et donc à un projet politique en gros commun , et non plus sur le fait de vivre sur un même "territoire" ? Suffisamment en tout cas pour ne plus avoir cette paralysie générale du projet politique des "démocraties" actuelle ( parce qu'on doit se mettre d'accord avec "tout le monde" ). Imaginons par exemple qu'au lieu de devoir chercher dans chaque pays actuel des "majorités" de gouvernement pour faire une politique plus "sociale" dans ce pays, à l'inverse, tous ceux qui souhaitent librement une telle politique - et sont donc prêts à en payer le prix entre eux - , quel que soit leur pays d'origine , mettent ensemble une partie de leurs ressources ( du type "impôt" ) , pour mener au niveau de la "cité virtuelle" une telle politique plus sociale , tout simplement parce qu'ils auront librement choisi d'être "citoyen" d'une telle "cité virtuelle" plus "sociale" : il y aurait à la fois moins d'incohérences dans la continuité du projet politique d'une telle "cité virtuelle" et aussi moins de gaspillage d'efforts et de moyens publicitaires de toutes sortes pour essayer de "convaincre" des adversaires pour pouvoir réaliser le projet politique que l'on souhaite .
On peut très bien imaginer un dispositif dans lequel on puisse passer progressivement du découpage actuel sur une base territoriale , à une distinction entre des "citoyennetés" basées davantage sur des législations non territoriales liées au fait que les "citoyens" choisissent librement leur affiliation de "citoyenneté" , comme on peut aujourd'hui choisir librement , en démocratie, son "parti", son "syndicat", ses associations, etc.
Cela existe d'ailleurs déjà partiellement , soit sous forme de "double-nationalité" , soit sous formes de droits partiels d'un "étranger" dans un pays résident, etc. De multiples formes possibles de reconstitution de liens sociaux privilégiés sont ici envisageables et qui permettent davantage à des individus qui ont plus d'affinité "idéologique" et de projet politique de se retrouver effectivement dans un cadre de réalisation "continue" de leur projet commun , plutôt que d'être obligé de subir des "alternances" qui soit défont à grands frais ce que les autres ont fait à grands frais, soit sont bloqués d'avance dans leur politique parce que la moindre insistance sur une politique dans un sens est contrée de mille façons par une "opposition" en sens inverse .
Pourquoi n'y a t-on pas songé sérieusement jusqu'à présent , alors que les forces économiques et financières sont déjà depuis un certain temps "mondialisées" et en tout cas ne sont pas soumises de la même façon aux contraintes des frontières nationales ?
Sans doute parce que juqu'à présent la proximité géographique et les "intérêts" économiques, sociaux, etc. de toutes sortes liés à ce voisinage spatial déterminaient fortement les raisons que les hommes pouvaient avoir de chercher à constituer prioritairement un lien social et politique plus étroit avec leurs "voisins" gégraphiques ( quelles soient par ailleurs les autres "distances" qui les séparaient ) . Or les transformations techniques qui ont totalement modifié les supports de transport et de communication entre les hommes créent des conditions totalement nouvelles de ce qu'on peut appeler le "voisinage" : le fameux "plombier polonais" , peut être physiquement, techniquement présent demain matin , quasiment aussi bien que le plombier de la ville voisine.
Or toute l'organisation politique territoriale qui fait la charpente de nos "circonscritions électorales" , y compris à l'échelle européenne, le découpage entre les anciens états-nations, est encore basée sur quasiment les mêmes dispositifs de "frontières" que ceux qui existaient à l'époque de la civilisation "agraire" .
Sans doute parce qu'encore aujourd'hui on n'imagine pas qu'on puisse se passer - ou qu'une majorité de gens puissent se passer - d'un enracinement territorial de type "national" , comme on n'imaginait pas autrefois qu'une majorité de la population puisse se passer d'une "identité religieuse".
C'est pourtant ce qui se passe aujourd'hui ., même si on constate toujours encore ici et là des "crispations" identitaires voire des guerres autour des appartenances religieuses.
Il serait donc grand temps aujourd'hui, au moins à titre d'hypothèse, de considérer que nous pouvons penser aujourd'hui les regroupements de "citoyens" autour d'un "destin" ou d'un "projet" politique commun sur d'autres bases que celles des "Etats-Nations" territoriaux.
En particulier s'il s'agit d'un PROJET POLITIQUE lié fondamentalement aux valeurs humanistes universalistes , comme celui dont se réclament les politiques dites "socialistes" .
C'est donc en ce sens que je vais reprendre les analyses de Jacques Généreux, concernant les "prémisses d'un renouveau socialiste" , mais en considérant qu'il faut désormais penser un autre cadre institutionnel politique de "mise en oeuvre" de ces idées : un cadre politique dans lequel peuvent se fédérer librement TOUS CEUX qui sont pour l'essentiel LIBREMENT en accord avec ces idées, en CONSTITUANT ainsi progressivement , une nouvelle "cité" , donc un nouvel espace "politique", affranchi pour l'essentiel des contraintes historico-géographiques des anciens "Etats-Nations" . Mais bien évidemment , un tel nouveau type de "cité" ne peut se faire qu'avec ceux qui ,LIBREMENT, pensent en effet que la "parenté" nationale ne prime plus, politiquement , sur la "parenté des idées".
Cela ne se fera pas en un jour ... mais certaines crises potentielles des systèmes de regroupement basés sur des unités territoriales peuvent éventuellement accélérer l'histoire.
Il ne s'agit d'ailleurs pas de chercher à priver ceux qui tiennent avant tout à s'"identifier" dans un cadre de citoyenneté territoriale traditionnelle de pouvoir continuer à le faire. Il s'agit simplement de commencer à proposer des formes de regroupement juridiques et politiques sur une autre base.
Qu'est-ce qui "Nous" interdit , "Nous" , citoyens potentiels d'une telle cité, de commencer à nous "reconnaître" et à nous "compter" ?
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